canton de vaud

Drogues

Les drogues sont des substances légales ou illégales qui agissent sur le cerveau et perturbent son fonctionnement ; elles sont addictives et peuvent entraîner une dépendance. Attractives à l’adolescence, elles comportent des risques pour la santé mentale et physique.

La Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup) interdit la culture, la consommation et le commerce de stupéfiants : produits issus du cannabis (THC > 1%), cocaïne et dérivés, opiacés, amphétamines, substances hallucinogènes comme le LSD, certains médicaments.

Par conséquent, le cannabis légal (THC < 1%) ne tombe pas sous le coup de la LStup. Il est réglementé par l’Ordonnance sur les produits du tabac et les produits contenant des succédanés de tabac (OTab) : mise en garde sur les emballages, interdiction de la publicité adressée aux mineurs. Dans le canton de Vaud, la vente et la remise de cannabis légal est interdite aux jeunes de moins de 18 ans (LEAE – Loi sur l’exercice des activités économiques).

Pour le cannabis illégal, la consommation des personnes majeures est sanctionnée d’une amende de CHF 100.- à condition qu’elles aient moins de 10g sur elles. Les mineurs pris en flagrant délit de consommation sont dénoncés à la justice des mineurs par la police et les parents sont informés. Le commerce de cannabis est puni par la loi.

Circulation routière : conduire (vélo, vélomoteur, scooter, voiture) sous l’influence de drogues est punissable par la loi (tolérance zéro pour toutes les drogues illégales et certains médicaments).

Questions fréquement posées...

titre parents

A quel moment faut-il s’inquiéter ?

Lorsqu’il s’agit d’une consommation :

  • Précoce (avant 16 ans)
  • Quotidienne ou quasi quotidienne
  • Avant ou pendant l’école ou le travail
  • Empiétant sur une part importante des loisirs
  • Régulière pour combattre les idées noires
  • Avant de conduire un véhicule (vélo, vélomoteur, scooter…) ou d’utiliser une machine ou un appareil dangereux

Lorsqu’on observe :

  • Un repli sur soi
  • Une rupture des relations entre les parents et leur enfant
  • Une baisse de la motivation et des résultats scolaires
  • Un changement radical dans les fréquentations
  • La revente ou le trafic de drogue
  • Etc.

Comment réagir ?

Ne pas dramatiser la consommation mais ne pas la banaliser non plus. Plus l’enfant est jeune (avant 16 ans), plus les risques sont importants. Le cerveau encore en plein développement est particulièrement sensible.

Donner votre avis est essentiel : les parents restent un point de repère. Fixez des règles, défendez clairement vos opinions et vos convictions, si possible sans vous énerver !

Faut-il fouiller la chambre et les affaires de mon enfant ?

Si vous observez certains signes, parlez de votre inquiétude à votre ado et ouvrez le dialogue en posant d’abord des questions générales sur sa vie : comment va-t-il ? a-t-il des amis ? comment ça se passe à l’école ? Evitez de fouiller sa chambre pour y chercher des drogues (cannabis ou autre). La sphère privée de votre enfant est à respecter autant que possible : sinon la relation de confiance peut se rompre et les problèmes risquent de s’amplifier.

Mon enfant consomme-t-il des drogues / du cannabis ?

L’attrait pour ces substances peut commencer tôt, mais toute consommation n’est pas forcément problématique et ne va pas mener à la dépendance. Par contre, il faut être attentif aux signes qui pourraient indiquer une consommation problématique (démotivation, absentéisme scolaire, changements de fréquentations et de comportement, problèmes de santé et de sommeil, etc.).

Pourquoi les jeunes consomment des drogues / du cannabis ?

Au départ, la curiosité joue souvent un rôle central : les adolescent·e·s veulent savoir ce que le cannabis ou une autre drogue ont de si particulier. Beaucoup en consomment aussi parce que leurs ami·e·s le font et ils veulent partager une expérience en groupe. Ils veulent faire la fête. D’autres recherchent l’effet de la substance : euphorisant, relaxant, stimulant ou perturbateur.

Certains jeunes fument du cannabis ou consomment d’autres drogues pour combattre le stress ou pour faire face à d’autres difficultés, pour oublier les problèmes. Dans ce cas, il existe un risque réel que la consommation augmente de manière significative.

Quelles drogues sont consommées ?

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée. D’autres drogues dites festives (cocaïne, ecstasy, amphétamines, etc.) sont également accessibles dans certains contextes (fêtes, festivals, etc.).

Mais des produits, parfois stockés à la maison, peuvent aussi être consommés comme des drogues illégales par les adolescent·e·s : par exemple, la Ritaline®, le sirop contre la toux contenant de la codéïne, les somnifères ou les tranquillisants (benzodiazépines, Xanax®, etc.), les cartouches de protoxyde d’azote pour les siphons, les colles et les solvants, etc.

titre jeunes

Consommer de manière festive, c’est sans risque ?

On ne peut être d’accord avec cette affirmation. Le risque d’une consommation de drogue légale ou illégale dépend :

  • Du consommateur : qui est-il ? quel est son état physique, mental ? son héritage génétique ?
  • Du contexte de consommation : en groupe, tout seul, avec des personnes de confiance ou des inconnus ?
  • Du produit consommé : quel est ce produit (effet, qualité, quantité) ? est-il mélangé à d’autres produits ?

Toute consommation comporte des risques (mauvaises expériences, accidents, bad trips, etc.) autres que la dépendance et l’addiction. Un adolescent est plus vulnérable qu’un adulte car le développement de son cerveau et de certains organes n’est pas terminé.

Est-ce que la plupart des jeunes fument du cannabis ?

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée. Tous les 4 ans, les élèves suisses de 15 ans répondent à un questionnaire anonyme et cette grande enquête montre que la plupart des jeunes consomment rarement ou jamais du cannabis. En 2018, on peut dire que :

  • 1 jeune sur 4 a déjà essayé le cannabis avant 15 ans.
  • Plus de 9 jeunes sur 10 n’ont pas consommé dans les 30 derniers jours.
  • Très peu ont consommé 3 jours dans les 30 derniers jours.

Le cannabis, c’est quoi ?

C’est une plante originaire d’Asie utilisée depuis des milliers d’années. Cannabis est le nom botanique latin de chanvre. Le cannabis contient du THC (tétrahydrocannabinol) et d’autres cannabinoïdes (par exemple, le CBD) ; le pourcentage de THC varie selon le type de plante et la méthode de culture.

On consomme principalement l’herbe, marijuana ou weed (fleurs et feuilles séchées) et le haschich ou shit (résine). Tous deux sont fumés, mélangés à du tabac, dans des joints ou des pipes spéciales. Parfois le cannabis est mélangé à des aliments (space cake).

En Suisse, lorsque le cannabis a plus de 1% de THC, il est illégal. Le cannabis légal est une variété de la plante avec moins de 1% de THC et une forte quantité de CBD (cannabidiol). L’effet du THC est classé dans les « perturbateurs » tandis que le CBD est plutôt un « relaxant ».

Le cannabis, quels sont les risques d’en prendre ?

Les adolescent·e·s sont en plein développement physique et psychologique ; le cerveau se développe surtout pendant l’adolescence et le cannabis peut avoir un effet négatif sur le cerveau. Les risques augmentent quand on consomme très jeune et beaucoup.

La consommation de cannabis peut causer des troubles de la mémoire, de la coordination et de l’équilibre, peut modifier la concentration et la capacité d’attention et peut provoquer une augmentation du temps de réaction. Ces effets peuvent avoir des conséquences négatives sur les apprentissages et la réussite scolaire mais également augmenter le risque d’accident.

Fumer du cannabis peut engendrer des maladies des voies respiratoires et du cœur ; souvent mélangé à du tabac, le cannabis peut rendre rapidement dépendant. Le cannabis peut également provoquer ou aggraver des maladies psychiques.

Le cannabis qu’il soit légal (THC < 1%) ou illégal (THC >1%) est interdit aux mineurs (en consommer et en vendre est interdit).

Les cannabinoïdes de synthèse, c’est quoi ?

C’est une substance fabriquée en laboratoire dont le but est de reproduire sur le cerveau les effets du THC mais de manière très rapide et puissante. Les effets secondaires peuvent être graves et conduire à une surdose nécessitant des soins d’urgence : tachycardie, évanouissements, pertes de mémoire, hallucinations sont les signes d’une consommation de cannabinoïdes de synthèse. Cette consommation est involontaire : le consommateur a cru acheter du cannabis traditionnel. Les cannabinoïdes de synthèse sont pulvérisés sur du cannabis légal : rien ne permet de les repérer (aspect, odeur, goût).