Pourquoi est-ce que les adolescent·e·s se radicalisent plus facilement que les adultes ?

L’adolescence est une période de grands changements. Les jeunes ne sont plus des enfants, mais pas encore des adultes. Elles et ils cherchent à comprendre qui elles et ils sont, ce qu’elles et ils veulent devenir et quelle est leur place dans le monde. À cet âge, le besoin d’appartenance est très fort. Être accepté·e par un groupe, se sentir reconnu·e, utile ou valorisé·e est essentiel pour se construire. Les émotions sont aussi plus intenses : sentiment d’injustice, colère, révolte, mais aussi désir de justice ou envie de « changer le monde ». Lorsqu’un·e adolescent·e se sent mal, rejeté·e, incompris·e ou isolé·e, elle ou il peut devenir plus vulnérable. Certain·e·s vont alors chercher des réponses ou du réconfort sur internet où elles et ils peuvent être exposé·e·s à des contenus extrêmes. Les questions liées aux origines ou à l’identité, fréquentes à cet âge, peuvent aussi rendre certain·e·s jeunes plus sensibles à des idées radicales qui donnent l’impression de simplifier un monde dans lequel elles et ils peinent encore à trouver leur place. Les discours radicaux peuvent les attirer parce qu’ils apportent des réponses simples à des questions complexes. Ils proposent souvent une vision du monde très tranchée, avec d’un côté les « bons » et de l’autre les « méchants ». Pour un·e jeune en quête de repères, cela peut donner un sentiment de clarté, d’importance et d’appartenance à un groupe.

Les jeunes ont plus de facilité à naviguer sur les réseaux sociaux et sont plus enclins que les adultes à se porter vers l’inconnu et les choses nouvelles. Les intérêts pour les questions sociales et politiques commencent à surgir à cette période de la vie. Cependant, elles et ils n’ont pas l’expérience nécessaire pour reconnaître les faux contenus et les manipulations psychologiques provenant de certains groupes extrêmes. Cela les rend d’autant plus susceptibles de croire aux idées émises par ces groupes. Les algorithmes, souvent très puissants sur les réseaux sociaux fréquentés par les jeunes comme TikTok, peuvent également contribuer à limiter la vision du monde.